01
juin
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De gauche à droite :  Thomas Tirtiaux (cf. SOLEN), Pierre Picard (co encadrant de Romain) et Romain Bonabe de Rougé posant devant un micro cogénérateur.

 
Romain Bonabe de Rouge a été diplômé de l’INSA Strasbourg spécialité génie climatique et énergétique (GCE) en 2014. Romain présente un parcours linéaire qui l’a conduit depuis un DUT génie thermique vers une formation d’ingénieur qu’il a brillamment réussie pour finir par un doctorat en sciences de l’ingénieur à l’école des Mines de Paris. Ce doctorat a porté sur le couplage optimal de micro cogénérateurs (chaudières électrogènes) avec les bâtiments.
 
 
Il a pu faire fructifier ce parcours pour travailler désormais dans un institut de recherche dédié à l’efficience énergétique à l’échelle de la ville : Efficacity.  Retour sur ce parcours: 
 

Un mot sur ton parcours ?

 

Au moment de formuler les vœux d’orientation au lycée, j’ai hésité entre une classe préparatoire et un parcours plus appliqué. J’ai choisi l’IUT car j’avais déjà en tête que je souhaitais travailler dans l’efficacité énergie ou la production renouvelable. Un DUT (option génie thermique et énergie) m’est apparu plus concret tout en conservant un bagage théorique suffisant pour ne pas me bloquer dans la suite des études “au cas où”. 
Le DUT GTE m’a vraiment plu, la structure de la formation est très similaire à l’INSA avec un mélange de cours magistraux, TD, TP et projets. On y apprend des compétences métiers et l’essentiel de la théorie nécessaire à la poursuite d’étude. Là-bas, une enseignante m’a encouragé à poursuivre et orienté vers une école d’ingénieur en admission parallèle en 3ème année. J’ai réalisé le stage de fin de DUT au laboratoire Climatherm de l’INSA Strasbourg afin de concevoir un protocole de mesures in-situ simulées d’un micro-cogénérateur Stirling et réaliser des essais. J’étais encadré par un doctorant avec qui j’ai découvert ce qu’était le doctorat et la micro-cogénération, cela ne m’a pas quitté !

En GCE, j’ai particulièrement apprécié la découverte de la simulation numérique dans différents projets. J’ai réalisé mon stage de 4ème année en recherche sur la trigénération appliquée aux data-centers à l’Université de Syracuse (USA). L’idée était de valider que c’était bien la voie dans laquelle poursuivre et ce fut le cas.
J’ai ensuite choisi un projet de fin d’étude (PFE) à Engie Lab CRIGEN sur la modélisation et l’expérimentation de chaudières à forte modulation de puissance pour mettre en évidence les gains de rendement énergétique saisonnier apportés. Le tuteur entreprise (Pierre Picard, ancien ENSAIS : ancêtre de l’INSA Strasbourg) avait à cette époque un pied dans le montage d’une entreprise qui est aussi un Institut de R&D pour la transition énergétique de la ville : Efficacity. Il m’a proposé d’y mener une thèse pour travailler à la modélisation des solutions de micro-cogénérations en vue de leur intégration optimale au sein des bâtiments. Le sujet m’intéressait et je me sentais prêt, j’ai tenté ma chance : c’est ainsi que j’ai démarré cette thèse en tant que doctorant salarié d’Efficacity et co-encadré par l’école des Mines de Paris.

Ton avis sur la formation en GCE à l’INSA Strasbourg  avec 3 ans de recul  maintenant?

 

Avec le recul, la formation à l’INSA est très adaptée au monde de l’entreprise, en partie grâce aux projets qui forment le mieux à ce que l’on attend d’un ingénieur : monter en compétence sur un sujet nouveau, travailler seul ou en équipe et rendre un livrable final synthétique. La collaboration avec les architectes est vraiment un plus, je prends toujours plaisir à discuter avec mes collègues architectes à Efficacity. On a peu de sensibilisation aux métiers de la recherche mais ce n’était pas non plus très demandé par les élèves. Pourtant, on acquiert les bases nécessaires pour y évoluer, quitte à compléter avec un Master 2 spécialisé. On peut aussi les découvrir en discutant avec les enseignants comme ce fut le cas pour moi avec un d’eux, qui a réalisé son doctorat à l’INSA Strasbourg après son diplôme en GCE, ou au détour d’un stage.
 
Mais l’INSA c’est aussi une ambiance, des potes à vie, un réseau fort avec les enseignants, les entreprises et les anciens qui peuvent vous aider à décrocher un emploi ou une thèse et cela vaut autant que la formation elle-même ! 
 

Tes motivations pour faire une thèse?

 

La motivation de la thèse m’est venue de mes expérience passées en recherche. L’idée de voir jusqu’où j’étais capable d’approfondir un sujet et d’être très libre dans mon métier me plaisait. Il y a aussi le sentiment de faire avancer la connaissance dans son domaine, même si c’est bien sur de manière très incrémentale.
La recherche me plaît car on peut prendre du recul pour identifier les lacunes et réaliser un travail de fond pour les combler, on a plus de temps pour relever la tête du guidon que dans un métier opérationnel. En revanche, j’ai toujours cherché à garder en ligne de mire l’objectif opérationnel de mes travaux car le but est qu’ils soient applicables à court ou moyen terme pour des bureaux d’études ou des industriels. La structure mi-publique (académique), mi-privée (industriel et BE) d’Efficacity et l’expérience des Mines dans la recherche “appliquée” étaient pour cela très motivantes au moment de m’engager dans la thèse.

 

Ton ressenti sur le déroulé de ta thèse notamment par rapport au métier d’ingénieur?

 

La thèse c’est d’abord un projet personnel alors qu’en tant qu’ingénieur on travaille plutôt pour une entreprise. Il faut parvenir à dégager soi-même les enjeux et objectifs que l’on veut se mettre (même si on est aidé par l’encadrement) car on jouit d’une grande liberté dans la manière d’aborder le sujet, surtout au démarrage.
Dans le déroulement au quotidien il faut réussir à se poser des objectifs intermédiaires pour avancer sans vraiment de jalons imposés par une hiérarchie. Cela force à bien justifier, en premier lieu à soi-même, la démarche de la thèse. De plus, le suivi académique et présenter ses travaux à la communauté de chercheurs apportent de la rigueur pour bien énoncer les hypothèses et présenter ses résultats.
Dans mon cas mener la thèse au sein d’une entreprise était un bon moyen :
  • de diversifier ses activités pour sortir du sujet de thèse sur lequel on travaille chaque jour,
  • de préparer la suite en ayant un profil qui plaît mieux aux futurs employeurs industriels que les thèses académiques.

Tes conseils au futur doctorant INSA?

 

Une thèse se prépare durant le parcours à l’INSA, ce n’est bien sûr jamais perdu mais on gagne du temps à orienter tout ou partie des stages en ayant la thèse en tête :
  • on s’assure que la recherche nous plaît, cela évite des déconvenues plus tard,
  • on présente un projet plus cohérent lors des entretiens d’admission,
  • on en profite souvent pour acquérir des compétences (outils numériques, expérimentales, …) qui pourraient être utiles pendant la thèse.
 

Tes projets pro post thèse?

 

Je travaille aujourd’hui toujours à Efficacity, qui m’a très vite proposé durant la thèse de rester une fois celle-ci terminée. Aujourd’hui, je mets à profit mon expérience en simulation et ma connaissance des systèmes énergétiques pour des projets de simulation énergétiques dynamiques à l’échelle des quartiers (aménagement et rénovation urbaine). Je suis dans une activité mixte recherche & développement avec des applications concrètes auprès de territoires qui expérimentent les outils développés par Efficacity. A long terme, j’aimerais je pense retourner vers des activités très concrètes en mêlant agriculture et énergie.

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